La coopération pour le développement et l’aide humanitaire

21.10.2011
L’Estonie considère la coopération pour le développement
comme un des domaines importants de sa politique étrangère et s’y
investit depuis 1998. Depuis son adhésion à l’UE en 2004, elle est
devenue, comme d’autres États, un pays donateur et contribue ainsi à la
stabilité générale et à la croissance du bien-être dans le monde.
La coopération pour le développement vise à
atteindre et à garantir la démocratie, la stabilité, la sécurité et le
bien-être en Europe et ailleurs dans le monde, tout en contribuant à
éradiquer la pauvreté. Il s’agit là des principes de base de la
politique d’aide de l’Estonie guidée par les accords et les objectifs
internationaux en matière de développement et d’aide humanitaire tels
que les Objectifs du Millénaire pour le Développement de l’ONU et les
décisions de l’Union européenne. L’Estonie s’appuie
fondamentalement sur un document intitulé « Principes de la
coopération estonienne pour le développement » approuvé par le
Riigikogu le 15 janvier 2003. Ce document fixe les objectifs généraux et
les priorités de la coopération pour le développement ainsi que les
différentes manières de les mettre en œuvre. Afin de rendre cette
coopération plus transparente et prévisible, le gouvernement estonien a
adopté le programme « Coopération pour le développement et aide
humanitaire – Stratégie 2011-2015 ». Ce programme, qui est
déjà le deuxième de l’Estonie en la matière, désigne clairement les
domaines d’action de l’Estonie et ses principaux partenaires
(organisations internationales et pays) jusqu’en 2015. Par rapport au
précédent, ce nouveau programme souligne la nécessité de mieux planifier
l’aide et de développer davantage de cadres précis pour suivre et
évaluer les actions d’assistance. Les domaines
prioritaires pour l’Estonie sont globalement restés les mêmes pendant
les 5 dernières années et ont également été reconduit dans le nouveau
programme. Ces domaines sont le développement humain, l’accès à
l’éducation, l’amélioration de la condition (santé et autonomisation) de
la femme et de l’enfant, la promotion de la démocratie et des bonnes
pratiques administratives et le développement économique durable.
L’Estonie concentre son aide bilatérale sur six pays voisins de l'Union
européenne : l’Arménie, l’Azerbaïdjan, la Géorgie, la Moldavie,
l’Ukraine et la Biélorussie, ainsi que l’Afghanistan. Le choix de ces
partenaires repose principalement sur l’analyse des besoins de ces
nations et sur la valeur ajoutée que l’Estonie peut apporter à leur
développement. L’Estonie part aussi du principe que la responsabilité du
développement de toute nation repose tout d’abord et avant tout sur
elle-même. Pour l’Estonie, la coopération repose
sur un partenariat entre pays et sur l’intérêt mutuel. L’objectif
général est d’apporter une contribution au développement global et
d’atteindre des buts préalablement fixés. Pour ce faire, l’Estonie offre
principalement une assistance technique et son savoir-faire dans des
domaines où, ayant elle-même reconstruit avec succès son État et ses
structures, elle possède une expérience pertinente pour aider les pays
partenaires à engager des réformes similaires (réformes économiques,
usage des technologies de l’information dans les structures
gouvernementales, intégration aux organisations internationales et
favorisation du développement d’institutions démocratiques). Le nombre
croissant de projets de coopération bilatéraux et multidonateurs prouve
l’efficacité de la trajectoire de développement de l’aide estonienne.
Sont particulièrement appréciées par les partenaires l’approche neutre
de l’Estonie et sa bonne connaissance de la situation des pays lors de
la mise en œuvre de projets de coopération pour le
développement. Le budget du ministère des Affaires
étrangères et du ministère des Finances prévoit des fonds destinés à la
coopération pour le développement et à l’aide humanitaire. En 2010, plus
de 15 millions d’euros ont été alloués à ce poste, soit 0,11% du revenu
national brut (RNB). Le gouvernement estonien a pris la décision de
tendre vers 0,33% du RNB d’ici 2015, conformément aux objectifs en
matière d’aide publique au développement (APD) recommandés par l’Union
européenne. Les organisations non gouvernementales,
qui sont les principaux bénéficiaires de l’aide bilatérale financée par
le ministère des Affaires étrangères, sont des partenaires importants
en vue d’une part de concevoir la politique de coopération pour le
développement, et d’autre part de mettre en œuvre les projets proposés.
Depuis 2003, les associations à but non lucratif actives dans le domaine
de l’aide au développement sont rassemblées dans la Table ronde
estonienne pour l’aide au développement. Près d’un tiers des projets de
coopération bilatérale et d’aide humanitaire sont mis en œuvre pas ces
associations. En plus de contribuer au
développement économique et social des pays partenaires, l’Estonie,
assiste les pays victimes de catastrophes naturelles ou de conflits
armés. L’aide humanitaire est la forme la plus authentique de solidarité
entre peuples et nations et elle fait partie intégrante de la politique
estonienne de coopération pour le développement.
Depuis 1998, l’Estonie a augmenté en permanence le montant de
l’aide humanitaire apportée aux victimes de catastrophes d’origine
naturelle ou humaine. Jusqu’à présent, l’Estonie a apporté une aide
humanitaire à plus de vingt pays, principalement par l’intermédiaire des
organisations humanitaires des Nations Unies et de la Croix-Rouge, mais
également dans un cadre bilatéral par le biais de ses propres ONG ou en
envoyant l’équipe nationale de secours (EDRT) ou ses membres dans les
régions sinistrées. L’Estonie a aidé par exemple l’Indonésie,
la Chine et Haïti à faire face aux conséquences de
tremblements de terre, ou encore a contribué à soulager la situation des
réfugiés et des populations déplacées en Afghanistan, au Sri Lanka, en
Birmanie, au Zimbabwe, au Kirghizistan, au Soudan, au Pakistan et dans
la RD du Congo, ainsi que celle des populations subissant les retombées
de conflits en Iraq, en Géorgie, au Kenya et à Gaza. Ces dernières
années, l’Estonie a également envoyé une aide humanitaire en nature de
type bilatéral à la Moldavie, à l’Ukraine, à la Géorgie, à la Pologne et
à la Russie. Depuis décembre 2006, la Direction générale du sauvetage
estonienne est membre du Partenariat humanitaire international (IHP) qui
offre un soutien logistique aux Nations Unies lors de différentes
crises mondiales. En 2009, les experts estoniens ont participé à des
missions du Partenariat humanitaire international en Namibie et en
Indonésie, et en 2010 à des missions en Haïti et au Pakistan. L’Estonie
soutient aussi activement diverses organisations internationales (des
organisations et des fonds des Nations Unies, notamment le Fonds central
d’intervention d’urgence (CERF), et le Comité International de la
Croix-Rouge) par ses contributions aux budgets et s’est engagée à
renforcer le système humanitaire de l’ONU afin de garantir une réponse
aux catastrophes plus prévisible et efficace. En 2009, l’Estonie a
assuré la vice-présidence du Conseil Économique et social des Nations
Unies et a été responsable de la conduite des débats sur les questions
humanitaires globales. De 2011 à 2013, l’Estonie est membre du Conseil
d’administration du Fonds des Nations Unies pour l’enfance (UNICEF). De
2009 à 2010, elle a assuré avec l’Irlande la co-présidence de
l’Initiative sur les Principes et bonnes pratiques pour l’aide
humanitaire (Initiative GDH). Cette co-présidence a activement plaidé en
faveur des principes de l’Initiative GHD avec l’objectif d’élargir le
groupe de donateurs appliquant les principes de cette Initiative.
Assurer la co-présidence de l’organisation de 35 donateurs d’aide
humanitaire a été une étape importante dans la politique d’aide
humanitaire de l’Estonie. La possibilité de travailler avec un donateur
aussi expérimenté que l’Irlande a permis à l’Estonie d’améliorer ses
connaissances pratiques et ses compétences dans ce
domaine. Parallèlement à la coopération pour le
développement et à l’aide humanitaire, le ministère des Affaires
étrangères juge essentiel d’informer les Estoniennes et les Estoniens de
la progression des actions entreprises et des résultats obtenus. Les
jeunes et les membres actifs de la société civile constituent le
principal groupe visé par les campagnes de sensibilisation. Au fil des
années, le ministère des Affaires étrangères a soutenu différents
projets du secteur tertiaire visant à sensibiliser toujours plus la
population et a financé le bénévolat estonien dans les pays en
développement. Par exemple dans le cadre du Réseau de l’éducation
globale (Global Education Network ou GLEN), des volontaires estoniens
travaillent chaque année depuis 2005 dans des pays en développement puis
organisent des manifestations de sensibilisation en Estonie.
Avec de nombreux partenaires et des associations à but non lucratif qui
se consacrent à la coopération pour le développement, il est devenu de
tradition d’organiser chaque année dans le centre de Tallinn la
manifestation familiale Maailmapäev (Journée de la
planète). En outre, au fil des années, plusieurs films et supports
médiatiques ont été élaborés et peuvent être utilisés dans les écoles
pour l’éducation globale. Outre les écoles, les universités attachent
également de l’importance à l’enseignement de thèmes liés à la
coopération pour le développement. Selon
des sondages d’opinions menés en Estonie, l’argument en faveur de la
coopération estonienne pour le développement est l’assistance aux
personnes dans le besoin. Les leaders d’opinion citent le plus
souvent l’obligation morale de porter assistance, la garantie de la paix
et de la sécurité par le biais de la coopération pour le développement
et le fait que l’Estonie est suffisamment développée pour pouvoir se
permettre de porter assistance aux autres. Afin de sensibiliser
davantage les jeunes aux enjeux du développement global et
mondial, le ministère des Affaires étrangères prévoit de coopérer dans
le long terme avec des organisations impliquées dans l’éducation globale
des jeunes. Les pays du Partenariat
oriental de l’Union européenne. Comme noté précédemment,
l’Estonie met l’accent sur la coopération pour le développement dans son
voisinage, à savoir les pays du Partenariat oriental (Arménie,
Azerbaïdjan, Géorgie, Moldavie, Ukraine et Biélorussie). Ces pays font
encore face à de grands défis quant à leur développement tels que la
réduction de la pauvreté, le renforcement de leur potentiel économique,
le soutien d’institutions démocratiques, l’accroissement de la capacité
du secteur public et la gestion du développement durable. Selon l’index
de développement des Nations Unies, ces États font également partie des
plus pauvres du continent européen. Le
développement des pays du Partenariat oriental est essentiel pour
garantir le développement stable et pacifique de toute la région, ainsi
que pour permettre à l’Estonie d’atteindre ses objectifs en matière de
politique étrangère, de sécurité et économique. Le
Centre estonien du Partenariat oriental, qui a commencé ses activités en
janvier 2011, est une institution importante pour la mise en œuvre de
la coopération en question, particulièrement pour les activités qui
concernent toute la région. Basée sur les besoins d’un pays particulier
et les ressources de l’Estonie, l’intensité de la coopération bilatérale
diffère en fonction des pays. Pour les
années 2011-2015, le thème principal de la coopération pour le
développement en Estonie sera la transmission de son expérience en
matière de réforme sociale, de la gouvernance de l’État et de
l’administration. Cela suscite un très vif intérêt et répond à une
importante demande dans les pays du Partenariat oriental.
L’Afghanistan est depuis
2006 l’un des partenaires privilégiés de l’Estonie dans la coopération
pour le développement et restera une priorité pour les années à venir.
Les besoins de l’Afghanistan sont importants et la contribution de
l’Estonie pour aider un des pays les plus pauvres du monde est
bienvenue. Entre 2006 et fin 2010, l’Estonie a dépensé 2,1 millions
d’euros pour venir en aide à l’Afghanistan. L’Afghanistan étant
considéré par l’Estonie comme un des pays prioritaires dans la
coopération pour le développement pour 2011-2015, cette aide augmentera.
L’aide de l’Estonie vise prioritairement les domaines de la
santé, de l’éducation et de la bonne gouvernance.
Depuis mars 2008, un expert médical estonien travaille dans la
ville de Lashkar Gah dans la province de Helmand. Il travaille en
concertation avec l’équipe de développement du Royaume-Uni et le
gouvernement provincial du Helmand sur le développement des services de
santé et la mise en œuvre des projets estoniens de coopération pour le
développement. En 2011, avec le soutien du ministère
des Affaires étrangères, l’expert médical estonien et l’ONG Mondo
poursuivront la formation des adultes en matière de santé et la
formation des professionnels de santé dans la province de Helmand. En
outre, dans le cadre d’une coopération trilatérale, un don de
300 000 euros fait par le gouvernement grec servira à
développer une infrastructure médicale dans la province de Helmand et à
construire un nouveau centre de formation médicale à Lashkar Gah.
A Kaboul, l’Estonie travaille dans le domaine de
l’éducation en étroite collaboration avec le Centre
de l’Afghanistan de l’université de Kaboul. Elle soutient la publication
de nouveaux livres et propose au Centre des services de consultance sur
l’infrastructure des technologies de l’information. Une collaboration
étroite est également en cours entre 10 écoles estoniennes et afghanes
qui participent à un projet de jumelage. L’Estonie
soutient le Programme afghan de paix et de réintégration
et a fait un don d’un montant de 31 956 euros au
fonds de confiance. Elle s’attache également à renforcer la
capacité administrative des fonctionnaires et
diplomates afghans. En 2010, des diplomates afghans ont fait un séjour
de formation en Estonie. Depuis 2008, des officiers de la police
estonienne sont membres de la mission de police de l’Union européenne en
Afghanistan (EUPOL Afghanistan) et depuis 2010, quatre instructeurs de
police servent dans la mission de formation de la police (mission OTAN
de formation en Afghanistan NTM-A) dans la province de Kandahar.
 
|