|
|
 |
La politique estonienne de sécurité

15.10.2011
L’objectif de la politique de sécurité de l’Estonie est de préserver
l’indépendance du pays, son intégrité territoriale, l’ordre
constitutionnel et la sécurité de son peuple. La réalisation de ces
objectifs est garantie par le fait d’être membre de l’OTAN et de l’Union
européenne. Comme la sécurité internationale est indivisible, l’Estonie
participe activement aux opérations internationales de gouvernance des
crises et de soutien de la paix. Les principes directeurs de cette
action sont inscrits dans les fondements de la politique de sécurité de
la République d’Estonie adopté par le Riigikogu (le parlement estonien)
en 2010.
L’OTANL’Estonie est membre de
l’OTAN depuis 2004. Être membre de cette organisation de défense
collective assure à l’Estonie la sécurité militaire, lui garantit une
protection efficace et lui permet de participer utilement à la
coopération internationale en matière de sécurité. Être un membre actif
de l’OTAN est la priorité stratégique à long terme de la politique
estonienne de sécurité et de défense. Comme les autres membres de
l’OTAN, l’Estonie développe des forces armées mobiles et viables et
augmente sa capacité à participer aux opérations internationales de
maintien de la paix. Tallinn est le siège du Centre d’excellence de
l’OTAN pour la cyberdéfense, qui associe huit pays. L’Estonie a
participé activement à la mise à jour de la conception stratégique de
l’OTAN et soutient fermement la politique « portes ouvertes » de
l’OTAN.
Les défis actuels en matière de politique de
sécurité exigent que l’OTAN coopère avec d’autres organisations
internationales. Le dialogue entre l’OTAN et l’UE s’est concentré ces
dernières années sur deux domaines : la gestion des crises dans les
Balkans et le renforcement des capacités militaires de l’Europe. Avec
les missions de l’Union européenne en Afghanistan et au Kossovo, la
coopération entre les deux organisations pour la planification et la
mise en œuvre des missions est de plus en plus d’actualité. La
coopération fonctionne bien au niveau concret, mais il faut maintenant
la faire passer au niveau politique et militaire le plus
élevé. Il ne faut pas sous-estimer l’importance des relations
entre l’OTAN et l’ONU. En matière de direction et de coordination de la
contribution civile internationale, l’ONU peut soutenir l’activité de
l’OTAN dans les zones d’intervention.
Les menaces sur
la sécurité de l’Estonie sont largement liées au contexte global, c’est
pourquoi l’Estonie accorde une grande importance au dialogue et à la
coopération dans le cadre de tous les programmes de partenariat pilotés
par l’OTAN. Elle accorde une importance particulière au Conseil de
Partenariat euroatlantique, à la Commission OTAN-Ukraine, à la
Commission OTAN-Géorgie et au Conseil OTAN-Russie, organisations qui ont
contribué à mieux faire comprendre les objectifs de l’OTAN et à mieux
travailler ensemble entre autres dans le cadre des opérations de
terrain. L’Estonie est favorable à une approche souple des relations de
partenariat, qui permette au besoin de coopérer avec tous les pays au
nom de valeurs et d’intérêts communs. De plus, elle est favorable à
l’élargissement de l’éventail des sujets à aborder conformément aux
intérêts de l’alliance, entre autres sur la sécurité – comme la sécurité
énergétique et la cybersécurité.
La participation de
l’Estonie aux missions et opérations de l’OTANL’Estonie a
envoyé dans les zones de crise des unités et des spécialistes dans les
domaines militaires suivants : des unités d’infanterie légère et de
police militaire, des officiers d’état-major, des démineurs (EOD), des
contrôleurs aériens, des observateurs militaires, du personnel pour les
services de transport et de livraison des marchandises. En 2011, environ
200 militaires estoniens sont engagés en permanence dans diverses
opérations.
L’Afghanistan – L’Estonie a commencé ses
activités militaires en Afghanistan en 2002, dans le cadre du programme
anti-terroriste « Liberté durable » sous l’égide des USA. Elle participe
depuis 2003 aux forces d’aide à la sécurité internationale sous l’égide
de l’OTAN (ISAF ), qui est aujourd’hui la principale opération
extérieure de l’alliance. L’ISAF est l’opération militaire la plus
importante et ambitieuse des militaires estoniens, dans laquelle sont
engagés en 2011 jusqu’à 160 militaires estoniens. La plus grande partie
du contingent séjourne dans le Sud de l’Afghanistan, dans la province
d’Helmand, qui est particulièrement importante pour la stabilisation du
pays. Compte tenu de l’accroissement de la contribution générale en
2010, l’Estonie a elle-aussi décidé d’augmenter son apport civil et de
multiplier son engagement militaire.
Pour arriver à
construire en Afghanistan une structure étatique, il est indispensable
d’utiliser tous les moyens civils et militaires de manière coordonnée.
C’est pourquoi l’Afghanistan sera, dans les années à venir, l’un des
pays prioritaires dans la coopération pour le développement. La priorité
de l’Estonie en matière de contribution civile touche au développement
des services de santé dans la province d’Helmand. L’expert médical
envoyé par l’Estonie y a commencé sa mission en
2008.
Le
Kosovo (KFOR) – L’Estonie participe à l’opération de
maintien de la paix de l’OTAN au Kosovo depuis 1999. Ces dernières
années elle y a contribué avec des officiers d’état-major sis au siège
de la KFOR et avec un bataillon d’infanterie de quelques dizaines de
personnes au sein du bataillon danois à Mitrovica, dans le Nord du
Kosovo. Conformément à la décision de l’OTAN de réduire ses forces au
Kosovo, l’Estonie a mis fin à la participation à la KFOR de son
bataillon d’infanterie en février 2010. Elle poursuit sa participation
avec un officier d’état-major au siège de la
KFOR.
L’Irak – L’Estonie a participé à la coalition
internationale dans l’opération « Liberté en Irak » entre 2003 et 2008.
Après avoir retiré ses unités de combat, elle continue à participer à la
mission OTAN de formation (NTM-I) avec deux officiers
d’état-major.
La Force de réaction de l’OTAN (NATO response
force) – L’Estonie participe à la Force de réaction de
l’OTAN depuis 2005. En 2010, elle a participé à la 14e rotation de la
Force de réaction de l’OTAN avec un bataillon d’infanterie et, dans la
seconde moitié de l’année, à la 15e rotation avec une unité navale. Le
programme de développement à long terme de la défense militaire de
l’Estonie pour 2009-2018 prévoit la participation d’unités militaires
estoniennes à des opérations extérieures dirigées par l’OTAN, à l’UE
et/ou des forces de la coalition.
L’appartenance de
l’Estonie à l’OTAN bénéficie d’un fort soutien de la part des citoyens
estoniens. Un sondage effectué en septembre 2010 montre que 78% de la
population soutient l’appartenance de l’Estonie à l’OTAN. Ce résultat
reste quasiment inchangé par rapport à ceux des sondages effectués les
années précédentes.
L’Union
européenneL’Estonie est membre de l’Union Européenne depuis
2004. Elle est intéressée à ce que l’Union soit forte, unie et influente
au plan international. L’une des composantes essentielles et visibles
d’une politique étrangère et de sécurité commune est la politique de
sécurité et de défense commune. L’objectif de cette dernière est le
renforcement de la sécurité, le maintien de la paix, la coopération
internationale et la promotion de la démocratie, la participation à la
prévention des crises et à leur résolution. La capacité de l’UE à lutter
contre les dangers menaçant la sécurité internationale a grandi ces
dernières années, et son activité est devenue nettement plus efficace.
Avec la mise en œuvre du traité de Lisbonne, elle ne manquera pas de se
renforcer encore davantage.
L’Estonie s’est fixé
comme objectif de contribuer activement à la diffusion des valeurs des
droits de l’homme et de la démocratie et à la création de la stabilité
économique. Elle est intéressée à ce que l’UE soit active en rapport
avec ses voisins et soutient le renforcement de la politique de
voisinage ; elle participe à l’évolution de cette politique. Elle a
augmenté et a l’intention de continuer à augmenter sa présence dans
plusieurs pays-cibles de la politique européenne de voisinage, par la
réalisation de divers projets de coopération pour le développement,
notamment en Géorgie, en Ukraine et au Moldova.
La
participation de l’Estonie aux missions et opérations de l’Union
européenneL’Estonie est engagée dans le développement des
capacités européennes de gestion civile et militaire des crises. Des
agents de police, des gardes-frontière, des officiers de douane et
d’autres experts de secteurs civils poursuivent leurs activités dans le
cadre de missions de l’UE dans les Balkans occidentaux, en Géorgie et en
Afghanistan.
L’Afghanistan (EUPOL Afghanistan) – le
développement de la sécurité intérieure est l’une des grandes priorités
pour la stabilisation de l’Afghanistan, alors même que la situation
compliquée du pays représente pour l’UE un véritable défi. La mission
travaille à construire un système de police, travail auquel participent
en 2011 trois experts estoniens.
Le Kosovo (EULEX Kosovo) – la
mission européenne oriente et suit le fonctionnement du système
juridique, de la police, de la douane, des gardes-frontière et des
institutions pénales du pays. Six experts estoniens y sont
associés.
La
Bosnie Herzégovine (EUPM) – c’est la toute première mission
civile de l’UE qui dure depuis 2003. Elle a pour tâche principale
d’aider et de conseiller dans la mise en œuvre de la réforme de la
police, avec la participation d’un policier
estonien.
La
Géorgie (EUMM Georgia) – La mission d’observation envoyée
en afin de suivre et de contrôler la réalisation du plan de paix
consécutif au conflit du mois d’août 2008 comprend trois experts
estoniens.
L’Irak (EUJUST LEX) – l’objectif de cette mission
est de former les fonctionnaires irakiens travaillant dans le système
judiciaire et pénal. Elle offre surtout des cours et des stages
organisés dans les pays membres. L’Estonie a formé en 2009 dans ses
prisons deux fonctionnaires irakiens chargés des
prisons.
La
Bosnie Herzégovine (EUFOR Althea) – L’opération européenne
ALTHEA a pour objectif principal de garantir la mise en œuvre des
conditions du traité de paix de Dayton/Paris et de créer en Bosnie
Herzégovine un environnement sûr et tranquille. L’Estonie contribue à
cette mission avec deux officiers d’état-major.
La
contribution de l’Estonie aux groupes de combat de l’Union européenne se
fait au sein du groupement tactique nordique (Nordic Battlegroup – NBG).
La prochaine période d’astreinte de ce groupement aura lieu dans la
première moitié de 2011.
EUNAVFOR – Operation
ATALANTA. Depuis novembre 2010, une équipe estonienne de
protection embarquée (Vessel Protection Detachment - VPD) participe à
l’opération anti-piraterie ATALANTA dans les eaux au large de la
Somalie.
La coopération bilatérale et multilatérale
dans le domaine de la sécuritéEn plus d’être membre de l’UE
et de l’OTAN, l’Estonie accorde une grande importance à la coopération
au sein des autres organisations internationales, au premier chef l’ONU,
l’OSCE et le Conseil de l’Europe.
L’Estonie est
membre de l’Organisation des nations unies (ONU) depuis 1991. La
coopération au sein de l’ONU est pour l’Estonie un moyen incontournable
de garantir la paix et la sécurité internationales notamment en vue de
tenir les objectifs de développement, de préserver la paix et de lutter
contre le terrorisme international. L’Estonie souhaite être élue au
Conseil de sécurité de l’ONU en tant que membre non permanent en
2020-21. Elle tient à l’application réelle de la résolution 1325 du
Conseil de Sécurité de l’ONU « Les femmes, la paix et la sécurité » dans
un contexte international de coopération et de participation. Un
observateur militaire estonien participe à la mission ONU de maintien de
la paix au Proche Orient (UNTSO).
L’Estonie est
membre de l’Organisation pour la Sécurité et la Coopération en Europe
depuis 1991. L’approche de la sécurité de cette organisation est large
et comprend les dimensions militaire, économique et humaine. Dans le
domaine militaire et de sécurité, l’Estonie participe activement à la
coopération établie par le document de Vienne et par l’accord Ciel
ouvert. Des experts estoniens participent au travail des missions de
l’OSCE dans les Balkans occidentaux, au Caucase méridional et
ailleurs.
L’Estonie est membre du Conseil de l’Europe
depuis 1993. Le Conseil de l’Europe est une organisation irremplaçable,
qui œuvre pour la défense des droits de l’homme. Sur les questions de
sécurité, l’Estonie accorde beaucoup d’importance à la coopération dans
le cadre du Conseil de l’Europe, notamment dans le combat contre le
terrorisme, contre la criminalité organisée, entre autres contre la
cybercriminalité et contre le trafic d’êtres
humains.
L’Estonie a adhéré aux principales
organisations internationales de contrôle des marchandises stratégiques
comme l’accord de Wassenaar, le Groupe d’Australie et le Groupe des
fournisseurs nucléaires.
Pour l’Estonie, la réaction
aux nouveaux risques de sécurité, notamment la garantie de la
cybersécurité, est un point important de coopération internationale. La
vulnérabilité de l’espace cybernétique est une menace sérieuse sur la
sécurité qui concerne tous les pays et à laquelle il faut travailler. Il
est indispensable que la sécurité de l’espace cybernétique ne soit pas
réalisée au détriment des droits de l’homme. D’après la stratégie
nationale de cybersécurité
adoptée par le gouvernement estonien, il faut faire
connaître cette question par l’intermédiaire de diverses organisations
et développer la coopération entre pays partageant les mêmes conceptions
dans ce domaine. L’Estonie souhaite voir accorder un large soutien
international à la convention sur la cybersécurité adoptée par le
Conseil de l’Europe. C’est à Tallinn qu’a été créé le centre
d’excellence de l’OTAN pour la cybersécurité et l’Estonie veille à faire
connaître sa pratique au monde entier.
Pour ce qui
est des relations bilatérales, la coopération en matière de politique de
sécurité et de défense est particulièrement importante avec les USA,
avec le Royaume-Uni, l’Allemagne et la France. Les pays avec lesquels
elle est particulièrement intense sont les voisins du Nord – le
Danemark, la Finlande, la Norvège et la Suède – ainsi que les voisins du
Sud, la Lettonie et la Lituanie.
La longue
coopération entre l’Estonie, la Lettonie et la Lituanie est en train de
changer en accord avec les objectifs et les défis liés à l’appartenance à
l’OTAN. Plusieurs projets tripartites commencés depuis longtemps se
poursuivent, alors que d’autres ont été clos après obtention des
objectifs recherchés (par exemple le BALTBAT, le BALTSEA). Les
principaux projets tripartites à long terme sont le BALTRON, le BALTNET
et le BALTDEFCOL.
Le BALTRON, autrement dit l’Escadre balte de
déminage, est un bon exemple de réussite dans la coopération des forces
de marine.
Le
BALTNET, autrement dit la surveillance de l’espace aérien
balte – Baltic Air Surveillance Network – est un système lancé en 1998
dont l’objectif est de se procurer, de coordonner des équipements de
surveillance de l’espace aérien dans les Pays baltes, de transmettre et
de représenter les résultats de cette surveillance ; le Centre de
Coordination régionale de surveillance aérienne est basé en Lituanie
(RASCC).
Le
BALTDEFCOL, autrement dit Collège balte de défense, a été
fondé en 1988 et est un établissement d’enseignement supérieur militaire
à l’intention des officiers estoniens, lettons, lituaniens et en
provenance des pays partenaires. Son objectif principal est de former
des officiers d’état-major (Joint Command and General Staff Course)
conformément aux normes de l’OTAN. En 2004, le collège a lancé un cours
de commandement supérieur (Higher Command Studies Course – HCSC). Le
BALTDEFCOL forme des officiers et de hauts fonctionnaires en provenance
d’une vingtaine de pays. Les formations sont dispensées par des
enseignants provenant de différents pays.
L’une des
manifestations de solidarité les plus remarquables réalisée par l’OTAN
est l’opération de sécurité de l’espace aérien réalisée en Estonie,
Lettonie, Lituanie. Ces trois pays couvrent eux-mêmes une partie des
frais et investissent dans le développement des systèmes nécessaires de
direction de la surveillance aérienne à terre et d’autres manières
adaptées. Pour développer ces capacités au niveau national, l’Estonie
développe activement, en étroite coopération avec l’OTAN, la base
aérienne d’Ämari.
 
|
|